Mon analyse du programme d'Emmanuel Macron

Écrit par Jonathan Biteau

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Pendant que certains (30 000 à 300 000 ?) étaient occupés place du Trocadéro à agiter un drapeau tricolore devant un candidat juché sur une barricade, fustigeant les « socialo-centristes », j'ai préféré consacrer ce dimanche après-midi pluvieux à la lecture exhaustive des 36 thématiques du programme détaillé d’Emmanuel Macron (voir Emmanuel-macron/le-programme ). 

À moins de 50 jours du premier tour de l’élection présidentielle, il est temps de nourrir le débat de fond dont notre pays a besoin. Car sur l’affaire Fillon, tout a été dit, trop a été dit. Le grand perdant de ce psychodrame, ce n’est pas François Fillon, ni sa famille politique, ni même les électeurs de droite, c'est le débat démocratique. Parlons donc des idées, ce sont elles qui mènent le monde. 

Le positionnement d’Emmanuel Macron, au-delà des clivages partisans et dans le camp des progressistes, est particulièrement séduisant pour les centristes comme moi. Cependant, derrière ces déclarations d’intention, il était primordial de bâtir un programme équilibré et novateur. J'ai toujours considéré que notre ADN politique se nourrissait d’une liberté économique qui encourage l’initiative privée et la création de richesses tout en préservant et en renforçant les solidarités. L’exercice est délicat, et pourtant réussi. Ce programme, tant attendu, et peu commenté par des médias focalisés sur le feuilleton Républicain, m’a très largement conforté dans notre soutien à Emmanuel Macron.

Le premier point, énoncé comme condition sine qua non de l’alliance avec François Bayrou, est la moralisation de la vie politique, revendication centriste de longue date. Emmanuel Macron est clair sur le sujet : interdiction des collaborateurs familiaux, 3 mandats consécutifs maximum, le régime social des parlementaires aligné sur le régime général. Je ne peux que souscrire à cela (lire : emmanuel-macron/le-programme/vie-politique-et-vie-publique ).

Continuons avec l'économie, un point déterminant qui permettra d’enclencher un véritable cercle vertueux après des années de marasme. Lors de nos cycles de réunions publiques locales (voir www.jonathanbiteau.fr/lesjeudisdumodem47), nous avons identifié plusieurs points essentiels auprès des dirigeants de TPE/PME et indépendants que nous avons rencontrés : une pression fiscale trop forte, la complexité des dispositifs d’aide (notamment le CICE) et la difficulté de fonctionner avec le Régime Social des Indépendants.

Emmanuel Macron fait le même diagnostic en retenant la suppression du RSI et en réorientant les 40 milliards du CICE sur un allègement des cotisations patronales. Il va même plus loin en prévoyant une baisse du taux de l’impôt sur les sociétés à 25%. Ces mesures sont vitales pour dynamiser notre tissu économique.

Parallèlement à cette relance de la compétitivité, Emmanuel Macron propose une véritable politique de l’offre avec un plan d’investissement de 50 milliards sur 5 ans (emmanuel-macron/le-programme/plan-investissement). Sans oublier un levier important : favoriser l’accès des entreprises aux marchés publics qui représentent 200 milliards par an. Nous l’avions proposé dans une vidéo thématique sur l’économie  (jonathanbiteau/youtube/economie), Emmanuel Macron est aussi sur cette ligne (emmanuel-macron/le-programme/entreprises).

Concernant l’agriculture, j’ai retrouvé dans le programme d’En Marche toutes les mesures que nous avions énoncées en septembre 2016 après un sérieux travail auprès de nombreux exploitants lot-et-garonnais (jonathanbiteau/youtube/agriculture). C’était un sujet qui me tenait à cœur car ce secteur est essentiel pour notre département. Ces propositions sont les suivantes : convergence sociale et fiscale au niveau européen, renforcement des organismes de producteurs face aux centrales d’achat, favorisation des circuits courts et réorientation de la PAC vers des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement et créatrices d’emplois (lire emmanuel-macron/le-programme/agriculture).

Ensuite, il y a une volonté réelle de la part d’Emmanuel Macron de procéder à une véritable simplification que l’on retrouve dans de nombreuses thématiques. En matière de justice avec une unification des procédures de saisine et un guichet unique, en matière administrative avec un portail citoyen numérique, en matière syndicale avec le recours aux accords d’entreprises, en matière territoriale avec les Métropoles qui pourront intégrer les compétences des conseils départementaux. J’ajoute une innovation majeure, que je défends depuis longtemps : la retraite par points individualisée avec uniformisation des différents régimes et des points gratuits en cas de chômage, arrêt maladie et grossesse (jonathanbiteauyoutuberetraites). Ce système, existant en Suède, permet de maintenir la solidarité de notre système par répartition tout en ne touchant pas à la durée de cotisation et au niveau des pensions. De plus, Emmanuel Macron a l’intelligence de rappeler qu'une réforme de cette ampleur prendra tout le quinquennat et ne s’appliquera que pour la prochaine législature. Lucide et honnête (emmanuel-macron/le-programme/retraites ).

Je termine par deux évolutions majeures : l’assurance-chômage universelle étendue aux indépendants, aux agriculteurs et aux démissionnaires ainsi qu’un versement social unique des minima sociaux avec automaticité de ces dispositifs pour les bénéficiaires qui n’auront plus à remplir de lourds dossiers (emmanuel-macron/le-programme/pauvrete). Si Emmanuel Macron n’est pas favorable au revenu universel, pour lequel je défends l’expérimentation, l’extension, l’automaticité et l’universalité de ces deux dispositifs d’aide sociale constituent un progrès majeur de notre système social que je soutiens vivement et qui va dans le sens de l’évolution du monde du travail.

Enfin, je n’ai retenu que quelques points de ce programme, car cette chronique ne peut être exhaustive. D’autres thématiques seront abordées ultérieurement. Si je devais retenir un aspect de ma lecture, ce serait la grande cohérence du programme d’Emmanuel Macron. Les propositions sont équilibrées, la ligne est claire, le cap est affiché. Ce programme a tout d’un projet présidentiel d’avenir. Et c’est exactement ce dont notre pays a besoin. À nous de le faire devenir un contrat de législature. J'y emploierai toute mon énergie.